Depuis plusieurs mois, un impressionnant « parapluie » recouvre une partie de la cathédrale Saint-Pierre de Beauvais. Visible de loin, cette installation suscite bien entendu beaucoup de questions : que se passe-t-il exactement sous cette immense protection ?
L’Association Beauvais Cathédrale a eu la chance d’être invitée par Régis Martin, Architecte en Chef des Monuments Historiques en charge de la cathédrale de Beauvais, pour découvrir le chantier et mieux comprendre les travaux actuellement réalisés. Nous avons été accompagnés d’Alice Capron Valat, architecte. Parce que ces travaux intriguent les Beauvaisiens comme les visiteurs de la cathédrale, nous avons souhaité partager avec vous les informations recueillies à cette occasion.
Charpente et couverture au cœur du chantier
Les travaux actuels concernent principalement les charpentes et la couverture de la croisée du transept ainsi que celles de l’unique travée de la nef.
Pour permettre un examen approfondi de leur état, l’ensemble des tables de plomb qui constituaient la couverture a été déposé, y compris celles du clocheton.


Cette dépose permet désormais aux spécialistes d’accéder directement à la charpente et aux différents éléments de couverture afin d’en réaliser un inventaire précis. Chaque élément peut ainsi être examiné pour déterminer s’il doit être conservé, restauré ou remplacé.
Le travail réalisé sur le plomb est particulièrement intéressant. Pour mieux comprendre les techniques employées, nous vous conseillons de regarder la vidéo du ministère de la Culture :
« Une nouvelle ère pour Beauvais – épisode 6 : Une nouvelle parure de plomb pour la cathédrale »
Elle permet notamment de découvrir le travail nécessaire à la restauration et à la remise en œuvre des tables de plomb qui protègent cet édifice exceptionnel.

Une protection supplémentaire contre les incendies
La visite a également été l’occasion d’évoquer un sujet devenu particulièrement important pour les cathédrales françaises : la prévention du risque incendie.
Alice Capron Valat nous a expliqué qu’un « plafond » coupe-feu a été réalisé entre la voûte en bois de la croisée et les combles. Son objectif est de limiter la propagation d’un éventuel incendie entre les différentes parties de l’édifice.

Ces travaux s’inscrivent dans le cadre du Plan Cathédrales, mis en place par l’État et renforcé à la suite de l’incendie de Notre-Dame de Paris. Il prévoit le compartimentage des combles par l’installation de dispositifs et de parois coupe-feu.
Prochaine étape : restaurer la charpente
Le chantier va maintenant se concentrer sur la remise en état de la charpente.
Les expertises vont permettre d’identifier différents éléments nécessitant une intervention. Certains bois sont particulièrement dégradés, notamment ceux situés au niveau des noues de la toiture.

Travailler sur la cathédrale de Beauvais signifie forcément travailler avec des dimensions hors normes. Lorsqu’une pièce importante de la charpente doit être remplacée, les dimensions et le poids des bois peuvent devenir considérables. Nous avons déjà pu en avoir un exemple lors du remplacement d’un entrait, il y a quelques mois lors des travaux du bras sud du transept : ses dimensions avaient nécessité l’intervention d’une grue spécialement adaptée pour permettre sa mise en place.

Après la croisée, le bras nord du transept
Une fois la charpente consolidée et la couverture remise en état, le chantier devrait se poursuivre dans le bras nord du transept. La restauration de la cathédrale se poursuit ainsi progressivement, secteur après secteur, avec les mêmes objectifs : libérer l’espace intérieur des structures en bois et assurer la conservation à long terme de l’édifice.
Un chantier porté par l’État
Ces travaux sont conduits sous la maitrise d’ouvrage de la Direction régionale des affaires culturelles des Hauts-de-France (DRAC).
Ils bénéficient d’un financement de l’État français ainsi que de fonds européens, permettant la réalisation de ces interventions indispensables à la conservation de la cathédrale Saint-Pierre.
L’Association Beauvais Cathédrale remercie chaleureusement Régis Martin (ACMH) et Alice Capron Valat pour leur accueil, leur disponibilité et leurs explications au cours de cette visite.
Nous espérons avoir répondu à la curiosité de certains visiteurs et Beauvaisiens.


