Voûte
Ouvrage de maçonnerie courbe couvrant un espace, la voûte constitue l’un des grands principes de l’architecture monumentale. Des voûtes en berceau romanes aux spectaculaires voûtes d’ogives gothiques, elle permet de couvrir des espaces toujours plus vastes tout en transmettant leur poids vers les supports.
Une voûte est une construction courbe destinée à couvrir un espace. Réalisée notamment en pierre ou en brique, elle transmet son poids et ses poussées vers des murs, des piliers, des contreforts ou d’autres structures porteuses.
Qu’est-ce qu’une voûte ?
Une voûte est un ouvrage architectural destiné à couvrir un espace grâce à une forme courbe.
Contrairement à un plafond horizontal, elle fonctionne par la transmission des charges vers ses points d’appui. Les pierres ou éléments qui la composent exercent donc non seulement des forces vers le bas, mais également des poussées latérales.
Pour résister à ces forces, les constructeurs peuvent épaissir les murs, ajouter des contreforts ou, dans l’architecture gothique, employer des arcs-boutants afin de reporter les poussées vers l’extérieur.
La voûte permet de franchir un espace sans recourir à une succession de poutres horizontales. Son principe repose sur une organisation des forces qui conduit les charges vers les supports.
Un plafond est généralement une surface horizontale. Une voûte possède au contraire une forme courbe et participe directement à la structure de l’édifice.
Comment fonctionne une voûte ?
Une voûte fonctionne grâce à l’équilibre entre les différents éléments qui la composent et les supports qui reçoivent ses charges.
Les matériaux de la voûte exercent une charge verticale qui doit être transmise jusqu’au sol.
La courbure produit également des forces latérales qui tendent à écarter les supports.
Murs, contreforts ou arcs-boutants s’opposent à ces poussées et assurent la stabilité de l’ensemble.
Quelques grands types de voûtes
Les bâtisseurs ont développé au fil des siècles de nombreuses formes de voûtes adaptées aux dimensions, aux matériaux et aux ambitions des édifices.
Elle peut être comprise comme le prolongement d’un arc sur toute la longueur d’un espace. Elle est particulièrement caractéristique de nombreux édifices romans.
Elle résulte de la rencontre de deux voûtes en berceau. Leur intersection forme des arêtes diagonales.
Elle repose sur des nervures diagonales, appelées ogives, qui structurent la voûte et conduisent une grande partie des charges vers des points d’appui déterminés.
Forme proche d’une demi-coupole, souvent utilisée pour couvrir une abside.
Voûte d’ogives divisée en six compartiments, notamment employée dans certaines grandes églises du premier gothique.
Voûte d’ogives divisée en quatre quartiers par deux ogives diagonales qui se croisent à la clef.
De la voûte romane à la voûte gothique
Les voûtes en berceau ou d’arêtes imposent souvent des murs épais capables de résister à d’importantes poussées. Les ouvertures restent donc généralement plus limitées.
La voûte d’ogives concentre davantage les charges sur des points d’appui déterminés. Associée aux contreforts et aux arcs-boutants, elle permet d’alléger les murs et d’ouvrir de plus grandes fenêtres.
Le ministère de la Culture souligne que la croisée d’ogives, mise au service d’une nouvelle conception de l’espace au début de l’époque gothique, favorise l’allègement des structures et une meilleure diffusion de la lumière dans les édifices.
Qu’est-ce qu’une voûte d’ogives ?
La voûte d’ogives est l’un des éléments les plus caractéristiques de l’architecture gothique.
Des arcs diagonaux appelés ogives se croisent au-dessus de la travée. Ils forment une sorte d’ossature sur laquelle prennent place les parties maçonnées de la voûte.
Les forces sont ainsi dirigées vers des points d’appui précis, notamment les piliers.
Le point où se rencontrent les nervures principales est souvent marqué par une clef de voûte, qui peut être sculptée ou décorée.
Les voûtes de la cathédrale de Beauvais
La cathédrale Saint-Pierre de Beauvais est couverte de voûtes d’ogives, comme le confirme l’Inventaire général du patrimoine culturel des Hauts-de-France.
Ces voûtes prennent une dimension exceptionnelle dans le chœur : la clef de voûte du vaisseau principal se situe à environ 46,77 mètres au-dessus du sol.
Dans le bras sud du transept, l’Inventaire indique même une hauteur d’environ 48,50 mètres.
Ces dimensions contribuent à faire de Saint-Pierre de Beauvais l’un des exemples les plus spectaculaires de la recherche de hauteur menée par les bâtisseurs gothiques.
Une voûte à près de 47 mètres
Le dossier de l’Inventaire général des Hauts-de-France donne une hauteur d’environ 46,77 m entre le sol et la clef de voûte dans la travée centrale du vaisseau principal du chœur.
Une photographie officielle de l’Inventaire général documente également les voûtes du chœur de la cathédrale Saint-Pierre.
Les principaux éléments d’une voûte d’ogives
Nervures diagonales qui se croisent au centre de la travée et constituent l’ossature principale de la voûte.
Élément placé à la rencontre des principales nervures, souvent visible au centre de la voûte.
Surfaces maçonnées comprises entre les nervures et constituant la couverture proprement dite.
Arcs transversaux séparant les différentes travées voûtées d’un édifice.
Arcs longitudinaux placés à la rencontre de la voûte et des murs latéraux.
Points où les nervures transmettent leurs charges vers les piliers, colonnes ou autres supports.
Voûte et arc-boutant : un système complémentaire
La voûte produit des poussées
Même lorsqu’elles sont concentrées sur des points d’appui précis, les charges de la voûte exercent encore des forces vers l’extérieur.
Plus l’édifice est haut, plus la maîtrise de ces poussées devient essentielle.
L’arc-boutant les reporte vers l’extérieur
Dans les grandes cathédrales gothiques, les arcs-boutants transmettent une partie de ces forces vers des culées placées à distance des murs.
Cette organisation permet de réduire la masse des parois et de les ouvrir avec de vastes fenêtres.
La hauteur exceptionnelle du chœur ne peut être comprise séparément de ses voûtes, de ses piliers et de l’impressionnant système d’arcs-boutants visible autour du chevet.
Comment reconnaître une voûte d’ogives ?
Repérez les arcs de pierre qui parcourent diagonalement la voûte.
Les principales nervures se rejoignent généralement au centre de la travée.
Suivez les nervures jusqu’aux piliers : leur parcours révèle comment les charges de la voûte sont transmises vers le sol.
À retenir
Sources et références
Cet article s’appuie en priorité sur des ressources institutionnelles consacrées à l’histoire de l’architecture et au patrimoine monumental.
- Ministère de la Culture — Histoire des arts — ressources consacrées à l’architecture gothique et au rôle de la croisée d’ogives.
- Ministère de la Culture — Plateforme ouverte du patrimoine (POP) — documentation du patrimoine architectural, notamment sur les voûtes et nervures de voûtes gothiques.
- Région Hauts-de-France — Inventaire général du patrimoine culturel — dossier de la cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, référence IA60000315.
- Région Hauts-de-France — Inventaire général — photographie « Vue des voûtes du chœur », référence IVR22_19976000432XA.