Triforium
Galerie ou passage aménagé dans l’épaisseur des murs d’une grande église, le triforium occupe généralement le niveau situé entre les grandes arcades et les fenêtres hautes. Il constitue l’un des éléments caractéristiques de l’élévation des cathédrales gothiques.
Le triforium est une galerie ou un passage étroit ménagé dans l’épaisseur du mur d’une église, généralement entre les grandes arcades et les fenêtres hautes. Il se manifeste depuis l’intérieur de l’édifice par une succession régulière d’arcatures.
Qu’est-ce qu’un triforium ?
Dans les grandes églises médiévales, et particulièrement dans l’architecture gothique, les murs intérieurs de la nef ou du chœur sont organisés en plusieurs niveaux superposés.
Le triforium est généralement situé au-dessus des grandes arcades qui ouvrent vers les bas-côtés ou le déambulatoire, et en dessous des grandes fenêtres hautes.
Depuis le vaisseau central, il apparaît comme une longue succession de petites arcades. Derrière celles-ci peut se trouver un passage relativement étroit aménagé dans l’épaisseur de la construction.
Le triforium forme une ligne continue qui parcourt l’intérieur de l’édifice. Il structure visuellement l’élévation tout en accompagnant l’élan vertical des piliers, des voûtes et des fenêtres hautes.
Une tribune constitue un véritable étage au-dessus des bas-côtés, généralement beaucoup plus profond. Le triforium est au contraire un passage beaucoup plus étroit intégré à l’organisation du mur.
Où se situe le triforium ?
Dans une élévation gothique à trois niveaux, le regard rencontre généralement successivement les grandes arcades, le triforium puis les fenêtres hautes.
Elles occupent le niveau inférieur et ouvrent le vaisseau central vers les bas-côtés ou le déambulatoire.
Il forme le niveau intermédiaire et se présente généralement sous la forme d’une succession d’arcatures.
Elles occupent la partie supérieure de l’élévation et apportent directement la lumière au vaisseau central.
À quoi sert un triforium ?
Le triforium n’est pas seulement un décor. Sa présence répond à plusieurs fonctions architecturales, pratiques et esthétiques.
Il assure une transition visuelle entre les grandes arcades du niveau inférieur et les fenêtres hautes.
Lorsqu’il est praticable, le triforium peut constituer un passage technique dans les parties hautes de l’édifice.
La répétition de ses arcatures crée un rythme régulier et contribue à l’impression d’élancement caractéristique du gothique.
L’architecture gothique cherche progressivement à réduire l’impression de mur massif. Les grandes arcades, le triforium et les fenêtres hautes décomposent la paroi en niveaux successifs et donnent l’impression d’une structure plus légère.
Triforium et tribune : quelle différence ?
Ces deux éléments occupent une position comparable dans l’élévation d’une église, mais ils sont de nature très différente.
Véritable étage situé au-dessus d’un bas-côté, la tribune possède une profondeur importante et peut constituer un espace architectural à part entière.
Galerie ou passage beaucoup plus étroit, généralement intégré à l’épaisseur de la construction et visible depuis le vaisseau principal par une suite d’arcatures.
Au cours de la période gothique, les tribunes volumineuses tendent à disparaître dans de nombreux édifices au profit d’une élévation plus légère, dans laquelle le triforium occupe le niveau intermédiaire.
Différentes formes de triforium
Tous les triforiums ne sont pas identiques. Leur organisation évolue en fonction des périodes, des édifices et des ambitions des architectes.
Les arcatures s’ouvrent sur un mur ou un espace non éclairé directement depuis l’extérieur.
Une véritable galerie circule derrière les arcades visibles depuis l’intérieur de l’édifice.
Dans l’évolution de l’architecture gothique, le mur situé derrière le triforium peut être davantage ouvert afin de faire participer ce niveau à la mise en lumière de l’édifice.
Le triforium de la cathédrale de Beauvais
Dans le chœur de la cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, le triforium participe à une élévation intérieure d’une ampleur exceptionnelle.
Les architectes du XIIIe siècle ont cherché à porter le chœur à une hauteur considérable tout en donnant une place croissante à la lumière.
Entre les grandes arcades et les vastes baies des parties hautes, le triforium forme un niveau intermédiaire continu qui contribue à l’organisation du mur et au rythme de l’élévation.
Associé à l’extrême hauteur des piliers et à l’importance des surfaces vitrées, il participe à l’impression de légèreté et d’élancement qui caractérise le chœur beauvaisien.
Une élévation pensée vers le haut
À Beauvais, le regard est constamment entraîné vers les parties supérieures : grandes arcades, triforium, fenêtres hautes puis voûtes se succèdent dans une composition fortement verticale.
Le triforium joue un rôle essentiel dans cette progression en constituant le lien architectural entre la partie basse du chœur et l’immense claire-voie supérieure.
Du mur à la lumière
Une paroi de moins en moins massive
Dans l’architecture romane, les murs jouent un rôle structurel très important et restent généralement épais.
Avec le développement du système gothique, notamment des voûtes d’ogives et des arcs-boutants, une partie des poussées peut être reportée vers des supports extérieurs.
Une architecture davantage ouverte
Cette évolution permet aux constructeurs d’ouvrir davantage les parois et de multiplier les surfaces vitrées.
Le triforium participe à cette transformation du mur en une succession de structures, d’arcatures et d’ouvertures qui donnent à l’intérieur des grandes cathédrales gothiques leur caractère si particulier.
Comment repérer un triforium lors d’une visite ?
Lorsque vous entrez dans une cathédrale gothique, placez-vous dans le vaisseau central et regardez l’un des murs latéraux.
Elles forment généralement le premier niveau de l’élévation et ouvrent vers les espaces latéraux.
La rangée d’arcades plus petites située immédiatement au-dessus correspond généralement au triforium.
Au-dessus du triforium se trouvent les fenêtres hautes qui éclairent directement la partie supérieure du vaisseau.
À retenir
Sources et références
Cet article s’appuie en priorité sur des ressources institutionnelles consacrées au vocabulaire de l’architecture et au patrimoine monumental.
- Ministère de la Culture — Thésaurus de la désignation des œuvres architecturales et des espaces aménagés, Direction générale des patrimoines et de l’architecture.
- Ministère de la Culture — Plateforme ouverte du patrimoine (POP) — notices et documentation relatives aux cathédrales et à l’architecture gothique.
- Région Hauts-de-France — Inventaire général du patrimoine culturel — dossier consacré à la cathédrale Saint-Pierre de Beauvais.
- Association Beauvais Cathédrale — documentation consacrée au chœur et à l’architecture de la cathédrale Saint-Pierre de Beauvais.