Abside
Partie terminale du chœur d’une église, généralement semi-circulaire ou polygonale, l’abside constitue l’un des éléments fondamentaux de l’architecture religieuse occidentale.
Une abside est un espace de plan généralement semi-circulaire ou polygonal situé à l’extrémité d’une église, le plus souvent dans le prolongement du chœur.
Qu’est-ce qu’une abside ?
En architecture religieuse, une abside est un espace situé à l’extrémité d’un édifice, généralement dans le prolongement du chœur liturgique.
Elle présente traditionnellement un plan semi-circulaire ou polygonal.
Le terme vient du latin absis ou apsis, lui-même issu du grec hapsis, qui évoque notamment une courbure ou une voûte.
Présente dès l’architecture chrétienne de l’Antiquité tardive, l’abside devient au cours du Moyen Âge un élément essentiel de l’organisation des grandes églises et des cathédrales.
Abside et chevet : quelle différence ?
Les termes abside et chevet sont parfois employés comme s’ils désignaient la même chose. Ils correspondent pourtant à deux notions différentes.
L’abside désigne l’espace architectural qui termine généralement le chœur. Elle est définie avant tout par son plan intérieur : semi-circulaire ou polygonal.
Le chevet désigne plus largement l’ensemble de la partie orientale de l’église, notamment telle qu’elle est perçue depuis l’extérieur.
L’abside peut faire partie du chevet, mais le chevet peut également comprendre un déambulatoire, des chapelles, des contreforts et des arcs-boutants.
Les différentes formes d’abside
Selon l’époque, les traditions architecturales et les contraintes de construction, l’abside peut présenter différentes formes.
Très fréquente dans l’architecture paléochrétienne et romane, elle présente approximativement la forme d’un demi-cercle.
Constituée de plusieurs pans droits, elle devient particulièrement fréquente dans l’architecture gothique.
L’organisation intérieure et le volume extérieur peuvent différer en fonction du chevet, des chapelles et des dispositifs de contrebutement.
Quel est le rôle de l’abside ?
Dans les premières grandes églises chrétiennes, l’abside constitue un espace particulièrement important. Elle est étroitement associée au sanctuaire et au chœur liturgique.
Au fil du Moyen Âge, l’organisation des grandes églises devient plus complexe.
Le chœur peut être entouré de bas-côtés puis d’un déambulatoire, permettant de circuler autour du sanctuaire sans traverser directement le chœur.
Des chapelles rayonnantes peuvent également s’ouvrir autour de cet ensemble.
Abside, déambulatoire et chapelles rayonnantes
Dans de nombreuses grandes églises médiévales, un passage appelé déambulatoire contourne le chœur et l’abside.
Il permet notamment aux fidèles et aux pèlerins de circuler dans cette partie de l’édifice sans perturber les offices célébrés dans le chœur.
Des chapelles peuvent s’ouvrir sur ce déambulatoire. Lorsqu’elles sont disposées autour du chevet, on parle notamment de chapelles rayonnantes.
La succession de l’abside, du déambulatoire, des chapelles, des contreforts et des arcs-boutants forme les chevets particulièrement complexes des grandes cathédrales gothiques.
Et à la cathédrale de Beauvais ?
La cathédrale Saint-Pierre de Beauvais offre un exemple particulièrement spectaculaire de l’organisation du chevet gothique.
Son immense chœur, commencé au XIIIe siècle après l’incendie de 1225, est entouré d’un déambulatoire desservant les chapelles du chevet.
L’ensemble est indissociable de l’ambition exceptionnelle des bâtisseurs de Beauvais : élever un chœur extrêmement haut tout en laissant pénétrer autant de lumière que possible.
Pourquoi l’exemple de Beauvais est-il intéressant ?
À l’intérieur, le regard perçoit avant tout la verticalité du chœur et la lumière des fenêtres.
À l’extérieur, cette légèreté apparente repose au contraire sur une spectaculaire succession de contreforts et d’arcs-boutants.
L’abside permet ainsi de comprendre l’un des principes fondamentaux du gothique : alléger et ouvrir le mur intérieur en rejetant une partie des structures porteuses vers l’extérieur.
Où observer l’abside à Saint-Pierre ?
Depuis l’intérieur
Placez-vous dans le déambulatoire et observez la terminaison du chœur.
Le regard est attiré vers les grandes arcades, les niveaux supérieurs de l’élévation et les fenêtres qui contribuent à donner au chœur son exceptionnelle impression de hauteur.
Depuis l’extérieur
Contournez la cathédrale jusqu’au chevet.
La perception est totalement différente : les volumes intérieurs sont enveloppés par une véritable forêt de contreforts et d’arcs-boutants.
Cette vue est particulièrement instructive pour comprendre la manière dont les forces exercées par les voûtes sont progressivement reportées vers le sol.
À retenir
Sources et références
- Ministère de la Culture – POP / Inventaire général du patrimoine culturel, documentation consacrée à la cathédrale Saint-Pierre de Beauvais.
- Eugène Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle.
- Gustave Desjardins, Histoire de la cathédrale de Beauvais, 1865.
- Stephen Murray, Beauvais Cathedral: Architecture of Transcendence, Princeton University Press, 1989.
