Quatre cloches, une voix pour Saint-Étienne
Hélène-Colette, Julia-Alfreda, Berthe-Marie-Marguerite et Madeleine-Anne-Marie-Catherine : découvrez les quatre cloches fondues en 1950 qui composent la sonnerie de l’église Saint-Étienne de Beauvais.
Au-dessus des toits de Beauvais
Construite entre le XIIe et le XVIe siècle, l’église Saint-Étienne associe les architectures romane, gothique et gothique flamboyante. Ses différentes époques de construction se lisent aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur.
À la richesse de ses vitraux, de ses tableaux et de ses orgues répond un autre patrimoine : celui des cloches. Dans le clocher, quatre voix de bronze forment un ensemble accordé, où chaque cloche possède son nom, ses dimensions et sa note.
Toutes les quatre ont été fondues en 1950 par Les Fils de Georges Paccard, à Annecy-le-Vieux. Hélène-Colette, la plus imposante, remplace une cloche appelée « La Commune », victime du bombardement de 1940.

Un ensemble fondu en 1950
Les cloches de Saint-Étienne
De la plus grave à la plus aiguë, les quatre cloches se répondent sur les notes do, ré, mi et sol. Leur taille et leur poids donnent à chacune une présence particulière au sein de la sonnerie.
Do3Hélène-Colette
La plus grande cloche de l’ensemble se distingue par sa voix grave. Elle succède à « La Commune », disparue lors du bombardement de 1940 : son histoire relie ainsi la sonnerie actuelle à celle de l’église avant-guerre.
- Poids : ≈ 2 500 kg
- Diamètre : 156 cm
- Fonte : 1950
Ré3Julia-Alfreda
Deuxième cloche de la sonnerie, Julia-Alfreda apporte le ré à l’ensemble. L’article décrit sur cette cloche, comme sur les autres, des motifs figurés, des rinceaux — des ornements végétaux enroulés — ainsi que les noms de ses parrains et marraines.
- Poids : 1 500 kg
- Diamètre : 136 cm
- Fonte : 1950
Mi3Berthe-Marie-Marguerite
Troisième cloche de l’ensemble, Berthe-Marie-Marguerite fait entendre le mi. L’article du Sonneur du Nord lui attribue la sonnerie de l’angélus, rappelant le rôle des cloches dans les rythmes de la vie locale et les usages cultuels de l’église.
- Poids : 1 150 kg
- Diamètre : 120 cm
- Fonte : 1950
Sol3Madeleine-Anne-Marie-Catherine
La plus petite cloche de Saint-Étienne porte aussi le nom le plus long. Sa note, le sol, est la plus aiguë des quatre et complète l’accord formé avec ses trois voisines.
- Poids : 650 kg
- Diamètre : 100 cm
- Fonte : 1950
Photographies des quatre cloches : reproduites depuis l’article « Beauvais – Église Saint-Étienne », Le Sonneur du Nord. Poids et dimensions indiqués d’après les éléments fournis.
Do, ré, mi, sol : le motif « Salva Nos »
Les quatre notes de la sonnerie forment un motif appelé « Salva Nos ». Cette appellation désigne ici l’accord de l’ensemble : elle permet de caractériser la relation musicale entre les cloches.
Écouter la sonnerie, c’est distinguer ces quatre voix, depuis le do grave d’Hélène-Colette jusqu’au sol de Madeleine-Anne-Marie-Catherine, puis entendre la manière dont elles se mêlent.
| Cloche | Note | Poids | Diamètre |
|---|---|---|---|
| Hélène-Colette | Do3 | ≈ 2 500 kg | 156 cm |
| Julia-Alfreda | Ré3 | 1 500 kg | 136 cm |
| Berthe-Marie-Marguerite | Mi3 | 1 150 kg | 120 cm |
| Madeleine-Anne-Marie-Catherine | Sol3 | 650 kg | 100 cm |
Découvrez la sonnerie en vidéo
Prolongez cette découverte par l’écoute : la vidéo ci-dessous vous invite à retrouver la sonnerie des cloches de l’église Saint-Étienne de Beauvais.
Sources et documentation
Cette présentation s’appuie sur l’article « Beauvais – Église Saint-Étienne » du Sonneur du Nord, transmis à l’Association Beauvais Cathédrale, ainsi que sur les caractéristiques et le motif d’accord communiqués pour la rédaction de cette page.
Les photographies du clocher et des cloches sont reproduites depuis cet article. La vidéo est intégrée depuis YouTube.